Estimez la fourchette de prestation compensatoireselon l'écart de revenus et la durée du mariage. Le montant final est fixé par le juge (Art. 271 Code civil).
Actualisé mai 2026 — Sources : Art. 270–280-1 Code civil
Fixée par le juge aux affaires familiales — peut être révisée en cas de changement de situation
Le juge aux affaires familiales dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Il n'existe pas de formule légale unique : il pondère l'ensemble des éléments suivants pour mesurer la disparité de niveau de vie créée par la rupture du mariage.
Durée du mariage
Plus le mariage est long, plus la disparité est présumée significative. En deçà de 5 ans, la prestation est souvent limitée ou refusée.
Écart de revenus
Principal levier de calcul. Le juge compare les revenus nets actuels et prévisibles des deux époux après la séparation.
Âge et état de santé
Un époux âgé ou en mauvaise santé aura plus de difficultés à améliorer sa situation professionnelle, ce qui pèse en sa faveur.
Droits à la retraite
Le relevé de carrière est demandé aux deux parties. Un écart de trimestres validés entre les époux justifie une prestation plus élevée.
Choix professionnels sacrifiés
Arrêt de carrière, temps partiel ou mobilité géographique pour accompagner le conjoint ou élever les enfants sont systématiquement valorisés.
Patrimoine des époux
Les biens propres, donations reçues et héritages futurs prévisibles sont pris en compte, même s'ils ne génèrent pas de revenus immédiats.
Art. 271 al. 2 Code civil — liste non exhaustive. La circulaire 2026 rappelle que le juge doit motiver explicitement le rejet de chaque critère invoqué par les parties.
Depuis la loi du 26 mai 2004, le juge privilégie le versement en capital. La rente n'est allouée qu'à titre subsidiaire (Art. 274-276 Code civil).
Capital immédiat (versement unique ou en 8 ans)
Forme privilégiée par les tribunaux. Rompt définitivement tout lien financier entre les époux. Le débiteur peut proposer un bien immobilier en lieu et place d'une somme d'argent (Art. 274-2°).
Avantage fiscal :si versé en intégralité dans les 12 mois du jugement, le débiteur bénéficie d'une réduction d'impôt de 25 % (plafond 30 500 €). Le créancier ne l'intègre pas dans ses revenus imposables.
Rente viagère (exceptionnelle)
Réservée aux situations où le créancier ne peut pas subvenir à ses besoins en raison de son âge (généralement au-delà de 60 ans) ou de son état de santé (Art. 276 Code civil). Elle est indexée sur l'indice des prix à la consommation.
Inconvénient : fiscalement défavorable pour le créancier (imposable comme pension alimentaire). Elle cesse au décès du débiteur mais peut être transmise à sa succession dans certaines conditions (Art. 280 Code civil).
Mixte (capital partiel + rente temporaire)
Le juge peut combiner un versement en capital immédiat et une rente pour une durée déterminée, notamment pour accompagner une reconversion professionnelle ou compenser une inégalité de retraite sur quelques années. Cette formule offre de la souplesse tout en limitant la durée de la rente.
Le capital définitif n'est pas révisable (sauf erreur manifeste ou fraude au moment du jugement). En revanche, la rente ou le capital étalé sur 8 ans peuvent être aménagés dans des conditions strictes.
Révision à la baisse (débiteur)
Possible si le débiteur subit un changement important et durable de sa situation : perte d'emploi, invalidité, départ à la retraite entraînant une chute de revenus. La demande doit être introduite devant le JAF du lieu de résidence. Le juge peut réduire, suspendre temporairement ou supprimer la rente. Il ne peut pas la remplacer par un capital contre la volonté des parties.
Révision à la hausse (créancier)
Possible si le créancier se retrouve dans un besoin non prévisible au moment du jugement — par exemple, une maladie grave ou la perte d'un emploi dont il bénéficiait au moment du divorce. Le juge apprécie au cas par cas ; la révision à la hausse reste plus difficile à obtenir que la révision à la baisse.
Suppression automatique
La rente est supprimée de plein droit au décès du créancier. Elle cesse également si le créancier se remarie (Art. 280-1 Code civil) ou en cas de concubinage notoire dûment établi. La Cour de cassation exige que le concubinage soit stable, continu et public — une simple relation de couple ne suffit pas.
Délai de prescription
L'action en révision ou suppression se prescrit par 5 ans à compter du jour où le demandeur a eu connaissance du changement de situation invoqué (Art. 2224 Code civil, applicable par renvoi). Passé ce délai, la demande est irrecevable même si la situation a effectivement changé.
Non. Elle doit être demandée au juge. Elle n'est accordée que si une disparité significative de niveau de vie entre les époux est prouvée (Art. 270 Code civil). En cas de divorce pour faute exclusive du demandeur, le juge peut la refuser même si la disparité existe.
Le juge privilégie le capital (paiement unique ou étalé sur 8 ans maximum). La rente viagère n'est accordée que si le créancier n'est pas en mesure de subvenir à ses besoins en raison de son âge ou de son état de santé (Art. 276 Code civil). La rente est révisable en cas de changement de situation.
Le capital fixé est en principe définitif. Seule la rente est révisable à la hausse ou à la baisse. Cependant, si le débiteur connaît un changement brusque de situation (chômage, invalidité, retraite), il peut demander une réduction ou suspension temporaire au JAF. La révision est strictement encadrée par l'Art. 276-3 Code civil.
Si versée en capital sur 12 mois : réduction d'impôt de 25 % pour le débiteur (plafond 30 500 €), non imposable pour le créancier. Si versée en rente ou étalée sur plus de 12 mois : déductible pour le débiteur, imposable pour le créancier. Le régime fiscal dépend donc du mode et du délai de versement.
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Estimation indicative — Art. 270–280-1 Code civil. Le juge dispose d'un pouvoir discrétionnaire complet. Consultez un avocat spécialisé en droit de la famille pour votre situation précise.